Книга: Kierkegaard S. «The Sickness Unto Death»

The Sickness Unto Death

Производитель: "Penguin Group"

Серия: "Penguin Great Ideas"

Influencing philosophers such as Sartre and Camus, and still strikingly modern in its psychological insights, Kierkegaard s The Sickness Unto Death explores the concept of despair as a symptom of the human condition and describes man s struggle to fill the spiritual void. Throughout history, some books have changed the world. They have transformed the way we see ourselves and each other. They have inspired debate, dissent, war and revolution. They have enlightened, outraged, provoked and comforted. They have enriched lives and destroyed them. Now Penguin brings you the works of the great thinkers, pioneers, radicals and visionaries whose ideas shook civilization and helped make us who we are.

Издательство: "Penguin Group"

ISBN: 978-0-14-103665-6

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KIERKEGAARD (S.)

KIERKEGAARD (S.)

Kierkegaard a eu une grosse influence sur un bon nombre de philosophes contemporains, qu’ils soient croyants ou non: Karl Jaspers, Martin Heidegger, Gabriel Marcel, Jean-Paul Sartre. Certains termes du philosophe danois comme «nausée», «angoisse», «existant» sont tombés aujourd’hui dans le langage courant. Mais, plutôt que de faire de Kierkegaard «le père de l’existentialisme», selon une formule consacrée, il importe de souligner qu’il a voulu être l’exception à laquelle l’homme actuel doit toujours se confronter. Il invite celui-ci à ne pas réduire le malheur de la conscience à une maladie, à ne pas prendre les sauvetages pour des saluts, à ne pas confondre les libérations avec la délivrance. En maintenant le pôle de l’Individu et celui de la Transcendance, il préserve le respect de la personne humaine, devenue aujourd’hui l’objet de manipulations de toute sorte, et il sauvegarde la notion de sacré en mettant le sujet à l’abri de toutes les caricatures qui prétendent la remplacer. Il donne à comprendre que l’existence est une tension entre ce qu’est l’homme et ce qu’il n’est pas, tension qui demeure par-delà toutes les synthèses dialectiques ou historiques. Bref il invite à méditer sans cesse sur ce paradoxe et sur ce scandale absolu que constitue le Dieu incarné dans la personne du Christ venant apporter à l’homme un message sans lequel celui-ci ne serait plus qu’un être errant.

1. Le témoin du christianisme

Søren Aabye Kierkegaard naquit à Copenhague; il était le benjamin d’une famille de sept enfants dont beaucoup moururent jeunes. S’il ne mentionne jamais sa mère, les références à la personnalité marquante de son père sont nombreuses dans ses œuvres et dans son Journal . Michael Kierkegaard, le père de Søren, appartenait à une pauvre famille de neuf enfants; un jour où il gardait des moutons dans la lande lugubre du Jutland, transi de faim et de froid, il osa maudire Dieu; conscient du sacrilège qu’il avait commis, il pensa que toute sa famille subirait un effroyable châtiment et il éleva ses enfants dans cette crainte. Mais la chance finit par lui sourire et il fit fortune dans la bonneterie; à quarante ans, retiré des affaires, il s’adonna à la réflexion philosophique et à la méditation religieuse. Ami des frères moraves, lecteur assidu des philosophes allemands, doué d’une imagination débordante, redoutable dialecticien, il faisait l’admiration de son fils qu’il éleva dans le respect d’un christianisme tragique, celui du Christ ensanglanté, abandonné sur le Golgotha et hurlant: «Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?» Lorsque Søren entra à l’université, il commença par mener une vie joyeuse avec ses compagnons d’études, fréquentant les cafés et les cercles de discussions. En 1834, il voit mourir sa mère et l’une de ses sœurs; c’est le moment où il commence de rédiger son Journal , qui sera le compagnon de toute sa vie. Cette année est également celle d’un épisode mystérieux que Kierkegaard appelle «le tremblement de terre» et dont on a proposé de nombreuses interprétations. Il semble que celle de J. Hohlenberg soit la plus satisfaisante. Le père de Kierkegaard avait considéré son second mariage comme une sorte d’infidélité à l’égard de sa première femme qu’il aimait beaucoup; celle qu’il avait épousée en secondes noces avait été sa servante et il en eut un premier enfant seulement cinq mois après le mariage. À la lumière de certains passages du Journal de Kierkegaard, Hohlenberg pense que les relations du père et de la servante débutèrent par un viol, secret dont le père aurait fait part à son fils un jour qu’il était ivre.

Bien que le naturel mélancolique de Søren Kierkegaard aille en s’accentuant, il continue de participer à la joyeuse vie nocturne de Copenhague; un jour, pris de boisson, il est probablement entraîné dans un lieu de débauches, et il gardera de cette équipée un souvenir assez précis pour décider de modifier totalement son train de vie et, peut-être, pour penser qu’il a désormais «une écharde dans la chair».

Régine Olsen

Un soir de 1837, invité chez des amis, Kierkegaard rencontre Régine Olsen, fille d’un conseiller d’État, elle a quatorze ans et lui vingt-cinq, il s’éprend d’elle aussitôt. En 1838, le père de Kierkegaard meurt et laisse à Søren une partie de son immense fortune. Pour tenir une promesse faite à son père, Søren termine ses études de théologie; cependant il n’avait pas oublié Régine et il se fiance avec elle le 10 septembre de la même année. Le 11 août 1841, il renvoie à Régine son anneau de fiançailles. Bouleversée, la jeune fille écrit à Søren qu’elle va mourir. Kierkegaard, affolé, décide de reprendre les relations afin de ménager des transitions. Le 29 septembre, il soutient sa thèse de doctorat sur Le Concept d’ironie constamment rapporté à Socrate ; le 11 octobre, les fiançailles sont définitivement rompues. Pourquoi ce drame? De nombreuses explications médicales, psychopathologiques, psychanalytiques ont été proposées; mais aucune ne semble satisfaisante. Au fond, Kierkegaard a sacrifié Régine à l’amour qu’il lui portait; elle devait demeurer pour lui la fiancée éternelle et ne pas tomber dans la catégorie générale de l’épouse qui aurait fait de lui un fonctionnaire conjugal. Et il faut bien dire que Kierkegaard a réussi puisque, pour l’histoire, Régine est restée beaucoup plus la fiancée de Kierkegaard que la femme de Fritz Schlegel qu’elle devint plus tard.

Cette rupture plongea Kierkegaard dans un profond désespoir; il partit pour Berlin où il suivit les cours de F. Schelling, qui le déçut très vite. De retour au Danemark, il se consacre à une énorme production littéraire, tout en se faisant passer pour un dandy cynique et insouciant. En 1843 paraît L’Alternative , qui remporte un gros succès, notamment la partie intitulée «Le Journal du séducteur». Quelques mois plus tard paraissent Deux Discours édifiants , puis Crainte et tremblement et La Répétition . En 1844, il publie Les Miettes philosophiques et Le Concept d’angoisse . En 1845, son deuxième gros ouvrage voit le jour: Stades sur le chemin de la vie .

Contre l’Église officielle

Un an plus tard se situe le pénible épisode de la polémique avec Le Corsaire . Cette feuille satirique tourne en ridicule la personne, voire l’œuvre, de Kierkegaard et publie des caricatures qui valent à celui-ci les rires des gamins qu’il rencontre dans la rue. Kierkegaard réplique dans un autre journal, le Faedrelandet , et garde de cet incident un mépris tenace à l’égard des journalistes. En 1846, il publie son troisième gros ouvrage (si l’on ne compte pas sa thèse sur l’ironie): Post-Scriptum non scientifique et définitif aux Miettes philosophiques , dans lequel il critique la philosophie de Hegel et où il révèle qu’il est bien l’auteur des volumes antérieurs publiés sous des pseudonymes. L’incident avec Le Corsaire amène Kierkegaard à prendre conscience de la voie qu’il doit suivre: défendre le christianisme contre les chrétiens qui le caricaturent. Sa décision se trouva renforcée par un nouvel incident. Un pasteur, A. P. Adler, prétendait avoir eu une révélation du Christ et déclarait que celui-ci lui avait dicté plusieurs de ses sermons; Adler finit par être suspendu et mis en congé. Dans son Livre sur Adler , qu’il ne publia jamais, Kierkegaard montre qu’Adler n’était qu’un homme ordinaire qui, comme beaucoup d’autres, prenait son exaltation psychologique pour une révélation surnaturelle. Kierkegaard est par là conduit à réfléchir sur ce qu’il appelle l’Extraordinaire, qui, refusant de suivre la masse, se subordonne uniquement à Dieu sans prendre l’ordre établi comme intermédiaire. Dès lors, Søren voit sa vocation se préciser: il sera le témoin du christianisme, il se situera en dehors de toute chrétienté ou même il s’opposera à elle. C’est ainsi qu’il publie en 1848 La Maladie à la mort (Le Concept de désespoir ), puis, en 1859, L’École du christianisme .

En 1854 meurt Mynster, chef de l’Église danoise, que Kierkegaard connaissait de longue date, puisqu’il avait été pasteur de la famille. Au cours des funérailles solennelles, l’évêque Martensen, successeur de Mynster, donne celui-ci pour un «véritable témoin de la vérité». Kierkegaard est indigné et finit par publier des articles où il rappelle que le Christ est mort nu, couvert de crachats, abandonné de tous et qu’il n’a pas eu droit à des obsèques grandioses accompagnées de beaux discours. Le public se scandalise, mais Kierkegaard poursuit son attaque contre l’Église officielle. Il publie neuf numéros d’une courte feuille intitulée L’Instant , dans laquelle il s’en prend violemment aux prêtres-fonctionnaires qui font une carrière dans le christianisme.

Le 20 octobre 1855, il s’écroule dans la rue; transporté à l’hôpital, il y meurt trois semaines plus tard. À son enterrement l’assistance fut nombreuse, mais le clergé était absent, à l’exception du doyen du diocèse et du frère de Søren, Peter Kierkegaard, qui prononça le discours d’usage.

En 1859 paraissait le Point de vue explicatif de mon œuvre écrit en 1848; la publication posthume du Journal contribua à mieux faire comprendre l’œuvre de Kierkegaard.

2. Une pensée tragique

Le paradoxe de la subjectivité

Kierkegaard est un penseur tragique qui s’oppose aux philosophies systématiques et à un christianisme affadi. Dans l’hégélianisme, qui était à la mode auprès des universitaires et des théologiens danois, il ne trouve que des spéculations sur l’histoire et l’objectivité sans y rencontrer une quelconque approche de la question fondamentale: Qu’est-ce que l’existence personnelle? Il s’en scandalise, car «il faudrait, tout de même, qu’être un penseur eût le moins de différence possible avec être un homme»; à ses yeux, bon nombre de philosophes ont construit des palais d’idées tandis qu’ils continuent d’habiter des chaumières. Kierkegaard trouve les réponses aux problèmes qu’il se pose dans ce christianisme tragique que son père lui avait rendu familier: celui du Christ en agonie sur le Calvaire. Il se donne donc pour un penseur religieux s’efforçant de décrire la situation de l’existant dans le monde et face au devenir.

C’est pourquoi deux formules, en apparence contradictoires, permettent d’indiquer les points de départ de sa méditation. La première énonce que la subjectivité c’est la vérité ; elle est la vérité face aux systèmes objectifs et historiques, face aux concepts dépersonnalisants, car ce qui existe ce n’est pas le concept de «souffrance» mais bien des hommes qui souffrent: il n’y a pas de système de l’existence. Ce qui est vraiment, c’est donc l’Individu, en entendant par là non pas l’individu, simple unité numérique au sein de l’espèce, mais l’homme conscient de ses catégories existentielles. On trouve donc dans cette notion l’idée chrétienne du Dieu personnel en même temps qu’une dénonciation de tous les systèmes totalitaires dans lesquels les spéculations sur la forêt font oublier que celle-ci est composée d’arbres. Mais il faut dire également: La subjectivité est l’erreur ; elle est l’erreur face à la transcendance de Dieu, ce Tout-Autre que l’homme n’est pas. Ainsi la subjectivité est dans une situation paradoxale et tragique; c’est pourquoi l’existence est une quête qui peut se réduire à une suite d’errements sans issue ou, au contraire, se justifier comme un pèlerinage aspirant à la source de la signification dont il est le témoin.

Ainsi l’homme kierkegaardien est avant tout celui qui «cherche un point où jeter l’ancre», car, s’il se limite à lui-même, il s’apparaît injustifiable, sans message, et le monde où il habite lui donne la nausée: «Le monde me donne la nausée; il est fade et n’a ni sel ni sens [...] J’enfonce mon doigt dans la vie, elle n’a odeur de rien. Où suis-je? Le monde, qu’est-ce que cela veut dire? Que signifie ce mot? Qui m’a joué le tour de m’y jeter et de m’y laisser maintenant? Qui suis-je? Comment suis-je entré dans le monde; pourquoi n’ai-je pas été consulté? [...] À quel titre ai-je été intéressé à cette vaste entreprise qu’on appelle la réalité?» L’existant qui s’interroge se soumet donc à la torture de la question et cherche. Dans cette recherche, Kierkegaard distingue trois étapes qui constituent ce qu’il nomme les «sphères de l’existence».

Les trois «sphères de l’existence»

La sphère de l’esthétique est celle où demeure celui qui ne vit que dans l’instant et qui se plonge dans une aventure perpétuelle tout au long de laquelle il fuit à la fois lui-même et les autres. Trois personnages archétypiques offrent des exemples d’une telle fuite. Tout d’abord le Juif errant qui ne s’arrête nulle part et qui a le mal du pays sans avoir de pays; chaque sol qu’il foule n’est pour lui qu’une étape vers un ailleurs qui sans cesse recule. Mais il est notre image dans la mesure où notre vie n’est souvent qu’une marche désespérée et hagarde dont le but se déplace et, n’étant nulle part, est toujours sans visage. Faust, l’aventurier du savoir, incarne le démoniaque spirituel; sa véritable recherche est celle de l’Esprit; il demeure sombre et sans joie; l’innocence de Marguerite rafraîchit un instant son âme brûlante embarquée sur la mer de la Connaissance, où il pourrait trouver la puissance faisant de lui le grand rival de Dieu. Enfin, Don Juan est le grand aventurier de l’Éros; pour lui, chaque femme n’est qu’une étape à laquelle il ne s’arrête jamais, car il cherche la possession de la Femme en soi dont chacune de ses conquêtes n’est qu’une image insuffisante et éphémère. Don Juan est le démoniaque sensuel, pour qui la femme n’est qu’une abstraction à dépasser et à intégrer dans une chasse qui n’a jamais de fin. Ce qui caractérise donc la sphère de l’esthétique, c’est qu’elle fait de la vie une suite d’essais et qu’elle voit dans l’instant un atome de temps qu’il importe de cueillir; elle donne à croire que le centre est à la fois nulle part et partout, que le devenir est innocent. Elle conduit finalement à un désespoir qui se ment à lui-même et cherche des consolations dans des actes gratuits: l’hystérisme de l’esthéticien traduit la détresse d’un homme qui ne sait à quoi s’accrocher. Mais que surgisse quelqu’un qui rapporte sans cesse les particularités de ce monde fini à une exigence éthique infinie et il fera éclater la contradiction d’où naîtra l’ironie . Certes l’ironiste n’est pas encore l’éthicien, mais il l’annonce.

La sphère de l’éthique est celle dans laquelle l’homme ne se contente plus d’être immédiatement ce qu’il est, mais où il devient ce qu’il devient. Dans la sphère de l’esthétique, l’homme refusait de choisir, car tout choix lui semblait mutilant et fait au nom de quelque valeur impensable. Dans l’éthique, le problème du choix se trouve posé, non pas un choix qui consisterait à opter pour le Bien ou pour le Mal, mais un choix qui consiste à opter entre le refus d’une position du Bien et du Mal, d’une part, et l’acceptation de ces deux pôles, d’autre part. L’esthéticien refusait de poser un Bien et un Mal et voulait se situer par-delà le Bien et le Mal; l’éthicien pose l’alternative: ou omettre de choisir et se plonger dans l’indifférence, ou choisir le vouloir par lequel le Bien et le Mal se trouvent posés. L’humour assure la transition de l’éthique à la sphère du religieux. À la différence de l’ironie, il recèle toujours en lui une douleur cachée et une sympathie; il n’est pas l’expression d’un intellectualisme froid; il consiste à faire naître un commencement d’approfondissement spirituel puis à le révoquer. S’il en est ainsi, c’est parce qu’il porte en lui la conscience de la faute totale. Il fait donc déboucher dans le religieux.

La sphère du religieux implique la conscience de la faute totale de l’individu devant Dieu. Mais ici l’on doit se méfier des sophistes qui ne trouvent dans le religieux qu’un prétexte à exaltation poétique, qui ne font de la religion qu’une doctrine positive du devoir (Kant), ou qui la réduisent à de l’historique révolu (Hegel). La sphère du religieux doit situer l’homme au cœur de cette école du christianisme qui l’édifie, sans l’instruire comme le ferait un système de dogmes. Car le chevalier de la foi n’est ni un professeur, ni un théologien, ni un prédicateur, ni un poète: «Le Chevalier de la foi est un témoin, jamais un maître.» Mais – et c’est là qu’on rencontre le pathétique par excellence – qu’est-ce qui permet au chevalier de la foi de se dire tel? Il doit toujours vivre dans cette incertitude: «Suis-je le chevalier de la foi ou simplement tenté?» – et vivre au-dessus de 70 000 brasses d’eau.

Ainsi l’existant se trouve sans cesse renvoyé non pas à telle ou telle faute, mais à la conscience absolue de la faute. Par là, il découvre l’essentiel, car c’est toujours en fonction de la félicité manquée et manquante qu’il vit la faute selon un pathétique qui ne peut qu’aller en s’amplifiant. Nous voici donc confrontés avec le sérieux absolu: celui par lequel nous affrontons l’éternité à travers l’angoisse.

L’angoisse et le vertige de la liberté

L’angoisse est le grand privilège de l’homme; l’animal ne la connaît pas parce qu’il n’est pas libre. À un premier degré, l’angoisse naît de la liberté. Lorsque Adam s’entend interdire par Dieu de manger de l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal sous peine de mourir, il ne peut comprendre, car il ne sait ni ce que sont le Bien et le Mal, ni ce que c’est que la mort. L’innocence d’Adam se trouve ainsi en face de l’immense possibilité de pouvoir, provoquée par l’interdiction et par la menace du châtiment; l’angoisse devient alors le «vertige de la liberté». Et c’est la chute; la psychologie ne peut l’expliquer, car c’est le saut qualitatif: «L’angoisse est une défaillance féminine où la liberté tombe en syncope.» Mais le péché ne supprime pas l’angoisse et l’homme la retrouve sans cesse. Il est toutefois perdu s’il la cultive comme une fleur rare et s’il se détourne de la foi; l’angoisse ne peut être la plus grande école de l’homme que si elle corrode toutes les choses finies afin de mettre à nu leur illusion et montrer à celui-ci qu’il ne trouvera le repos que dans la rédemption. Par l’angoisse l’homme peut alors monter vers les hauteurs. Voilà la véritable école du christianisme.

Mais, hélas, la chrétienté a fait du christianisme un système et une institution; nous vivons entourés de prêtres-fonctionnaires qui font une carrière dans le christianisme et réduisent les Écritures à un recueil de textes permettant de belles envolées rhétoriques devant des chrétiens du dimanche plus ou moins attentifs. Kierkegaard n’a cessé de s’attaquer à l’Église officielle et d’insister sur cette idée que le christianisme n’avait rien à voir avec une compagnie d’assurances pour l’Au-delà; le Christ est venu, non pour donner un calmant lénifiant, mais pour faire naître l’angoisse. Car le Christ apporte le secours absolu à des consciences qui ne vivent que dans le relatif.

Источник: KIERKEGAARD (S.)

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