Книга: Hardy T. «Tess of the d'Urbervilles (книга на английском языке)»

Tess of the d'Urbervilles (книга на английском языке)

When Tess Durbeyfield is driven by family poverty to claim kinship with the wealthy D'Urbervilles and seek a portion of their family fortune, meeting her 'cousin' Alec proves to be her downfall. A very different man, Angel Clare, seems to offer her love and salvation, but Tess must choose whether to reveal her past or remain silent in the hope of a peaceful future..

Издательство: "T8Rugram" (2018)

Формат: Мягкая бумажная, 538 стр.

ISBN: 9785521061365

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HARDY (T.)

HARDY (T.)

«L’athée du village contemplant avec morosité l’idiot du village»: cette description de Thomas Hardy par Gilbert Keith Chesterton est injuste, mais elle attire l’attention sur trois aspects essentiels de l’œuvre. Hardy nous a en effet donné des romans populaires, profondément ancrés dans les paysages et la société paysanne du sud-ouest de l’Angleterre, mais aussi des romans cosmiques, où les aventures banales d’une laitière ou d’un tailleur de pierre prennent une dimension tragique, et enfin des romans noirs où tout mouvement du héros est une fuite en avant, qui se termine souvent par une mort violente. Hardy est avant tout un homme de contrastes: un romancier régional qui traite de l’univers; un tragique doué d’un riche talent comique; un écrivain que l’on a prétendu autodidacte, et dont l’univers culturel est un des plus riches de la littérature anglaise ; un prosateur, enfin, qui au sommet de sa carrière abandonna définitivement le roman et devint un grand poète lyrique.

Sa vie longue et sans histoire contraste avec celle de ses personnages: Thomas Hardy est né à Higher Bockhampton, près de Dorchester. Il était fils d’un artisan maçon, et son enfance se passa dans le cadre rural du Dorset. Il fréquenta la grammar school locale, reçut l’enseignement d’un maître d’école, William Barnes, qui était aussi poète dialectal, et eut pour mentor un intellectuel de Cambridge, Horace Moule. Il entra dans un cabinet d’architecte, spécialisé dans la restauration des églises de campagne. C’est en dessinant les plans de l’église de St. Juliot, en Cornouailles, que Thomas Hardy devait rencontrer sa première femme, Emma. Le tournant de sa vie fut l’année 1867, au cours de laquelle il décida de faire profession de littérature. Le succès ne tarda guère, et les trente années qui suivirent devaient voir la publication de quatorze romans. Les rapports de Hardy avec sa femme devinrent difficiles, mais, lorsqu’elle mourut en 1912, la découverte de son journal bouleversa Hardy: il retomba amoureux de sa femme morte, et cette passion donna naissance à de superbes poèmes d’amour. Par une ironie du sort qui semble sortir droit de son œuvre, certains des plus beaux poèmes lyriques de la langue anglaise ont été écrits par un homme de soixante-dix ans pour une femme qu’il n’aimait plus depuis trente ans.

L’œuvre de Thomas Hardy est d’abord romanesque. Après deux romans d’apprentissage, il trouva le succès avec Under the Greenwood Tree (1872), court roman pastoral, où le chœur des paysans joue un rôle essentiel. Mais c’est Loin de la foule déchaînée (1874) qui devait établir son talent auprès du public. Dans cette tragi-comédie, dont la fin heureuse n’est en rien caractéristique, les thèmes essentiels de l’œuvre font leur apparition: l’erreur de l’héroïne, qui provoque la tragédie en épousant en premières noces un homme indigne d’elle, le rôle du hasard et de l’ironie dramatique. Par la suite, Hardy a écrit cinq autres grands romans. Trois romans tragiques, Le Retour au pays natal (1878), Le Maire de Casterbridge (1886), Les Forestiers (The Woodlanders , 1887), et ces deux chefs-d’œuvre que sont Tess d’Urberville (1891) et Jude l’Obscur (1896). La tragédie de la petite paysanne qui préserve son innocence bien qu’elle ait eu un enfant illégitime, et qui finit sur l’échafaud, victime de la moralité conventionnelle, et celle du fils du peuple, rejeté par la société dans sa tentative d’entrer à Oxford, et désespéré par les contraintes du mariage bourgeois, constituent le reflet le plus fidèle et la critique la plus féroce d’une société victorienne à son déclin. La violence des critiques que suscitèrent ces deux livres poussèrent Hardy à abandonner la forme romanesque.

Hardy est aussi l’auteur de quatre recueils de nouvelles (Les Petites Ironies de la vie , 1894), où se manifeste son goût pour le bizarre, le grotesque, les coïncidences et les coups du sort. Parfois tragiques, ces nouvelles révèlent aussi une veine comique qui n’est jamais totalement absente de l’œuvre de Thomas Hardy. Ses premiers textes furent poétiques, et restèrent inédits. S’il cessa d’écrire de la poésie pendant quarante ans, il s’y consacra totalement après 1896, publiant cinq recueils entre 1898 et 1917. À cela il faut ajouter une tentative théâtrale: The Dynasts (1903-1908) est une représentation, sur le mode historico-épique, de la période napoléonienne.

L’univers de Thomas Hardy, c’est d’abord le Wessex, nom qu’il donne au Dorset et à ses environs. Presque tous ses romans se déroulent dans ces paysages, décrits avec une précision de géographe. Mais cet univers est aussi une prison et les héros, comme Tess, ne le quittent que pour mourir: Le Retour réduit cette prison aux limites d’une lande, Egdon Heath. Mais le Wessex est autre chose qu’une toile de fond. C’est un monde vivant, avec ses traditions, car il y a un folkloriste chez Hardy, capable de transformer en fiction de vieilles coutumes populaires, comme la danse de mai dans Tess ou le charivari dans Le Maire . Et il possède son langage: un dialecte campagnard, avec sa prononciation, ses tournures, dont l’écrivain excelle à tirer des effets comiques ou dramatiques, ses proverbes. Un dialecte menacé par le développement du système scolaire et de l’anglais standard, et plus proche non seulement de la vie quotidienne des habitants du Wessex, mais aussi de l’anglais de Shakespeare. Le Wessex, c’est aussi une société; Hardy sait décrire avec précision la diversité des couches sociales de la campagne – leur imbrication – et une société menacée: le chemin de fer, note Hardy, a atteint Dorchester, la société rurale est profondément bouleversée par les conséquences de la révolution industrielle et urbaine. La tragédie de Tess et celle du maire de Casterbridge auront pour cause ultime ce bouleversement, où «tout ce qui était solide se dissout dans l’air» (Marx).

Ce dernier aspect montre que Thomas Hardy n’est pas seulement un romancier régional: à travers le Dorset, ce sont les changements affectant la campagne anglaise qu’il dépeint. Mais l’horizon est encore plus large. Une des contradictions les plus fertiles de Hardy est que ce Wessex si précisément situé devienne le symbole de l’univers, le théâtre de la lutte du chaos et du cosmos. L’histoire des amours d’une paysanne, qui se termine par un crime passionnel, prend valeur cosmique. La référence à la tragédie antique, celle d’Eschyle, est explicite, et l’intrigue est parfois construite sur le modèle aristotélicien (Le Retour ). D’ailleurs, cette vision tragique ne se limite pas à un schéma narratif. Elle inspire également l’attitude du narrateur, sa distance ironique vis-à-vis des événements et des personnages – vus de très haut, du point de vue de dieux indifférents ou joueurs –, qui fait place, lorsque la catastrophe est survenue, à une rage sardonique, comme le montre le dernier paragraphe de Tess : «Justice était faite, et le président des Immortels, comme dit Eschyle, avait fini de traquer Tess.» La transformation de Zeus en président d’une société anonyme, l’allusion à la chasse au renard mettent ainsi en crise la référence tragique portée par le cliché et la citation d’Eschyle. C’est dans ce contexte qu’il faut envisager le pessimisme de Hardy. Certes, cet univers est bien noir, et presque tous les romans se terminent mal. La mort anéantit tous les personnages du Retour , à l’exception de deux comparses, qui trouvent le bonheur dans le mariage: encore ce minimum d’optimisme fut-il imposé à Hardy par l’éditeur. Mais il y a quelque chose de prométhéen dans ce pessimisme, où le destin et la nécessité règnent absolument sans empêcher la révolte.

Plus que le pessimisme, ce qui frappe chez Hardy est un sens de l’excès: il y a de la démesure dans ces catastrophes qui écrasent des héros trop petits pour de telles violences, il y a de l’acharnement dans la façon dont le hasard, c’est-à-dire le destin, accable les personnages, il y a enfin de la violence dans cet éclatement du texte en diverses voix et registres qui est la principale caractéristique du style de Thomas Hardy.

Источник: HARDY (T.)

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