Книга: Andersen H C «Stories from Hans Andersen»

Stories from Hans Andersen

Серия: "-"

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Издательство: "Книга по Требованию" (2011)

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ANDERSEN (H. C.)

ANDERSEN (H. C.)

Dans le Copenhague des premières décennies du XIXe siècle, le romantisme nationaliste bat son plein. Passé la longue vogue de l’imitation française, le Danemark, fouaillé par la défaite de 1801 que lui infligea l’Angleterre, éperonné par les théories du Norvégien Steffens, tout récemment rentré d’Allemagne, s’est mis à la recherche de son âme, et la quête, d’instinct, dans les trésors du passé: vieux chants eddiques, chroniques de Saxo Grammaticus, chansons populaires. Avec un grand déploiement de mythologie, de couleur locale antique et de sentimentalisme religieux, Oehlenschlaeger et Grundtvig s’efforcent d’inculquer au peuple danois le sens de sa personnalité originale. Parallèlement, les élégances et le bon sens critique de J. L. Heiberg flattent le côté bon enfant, bon bourgeois, bon vivant du Danois. Mais c’est à un enfant du peuple sans théorie, sans école, qu’il appartiendra de découvrir au monde l’essence de l’âme danoise: Hans Christian Andersen.

1. À la recherche de la gloire littéraire

Andersen est né le 2 avril 1805 à Odense, dans une famille fort pauvre. Le père est cordonnier, quand il ne s’abandonne pas à ses songeries vaines de libre penseur convaincu d’avoir été fait pour «quelque chose de plus haut». Il a épousé une femme médiocre, plus âgée que lui, superstitieuse en diable et presque illettrée. Un grand-père fou, une grand-mère repliée dans une incurable rêverie, et qui gâte son petit-fils, voilà le milieu où Hans Christian passera pourtant une heureuse petite enfance, jusqu’au jour où son père, leurré par le mirage des campagnes napoléoniennes, s’engagera dans la Grande Armée. Il reviendra en 1816 pour mourir. Entre-temps, sa femme a dû se mettre aux lessives. Elle s’adonne à la boisson, se remarie, met son enfant en apprentissage (cordonnerie, menuiserie...). La sensibilité et la santé du gamin souffreteux en pâtiront. Il a pourtant appris à lire chez une vieille femme du voisinage et fréquente même, par intermittence, une école privée. Il écrit force poèmes, et, déjà, rêve de gloire littéraire.

En 1819, à quatorze ans, son parti est pris. Il quitte la maison d’Odense, et part pour Copenhague «afin de devenir célèbre», précise-t-il. Il rêve d’être un jour un grand auteur dramatique – c’est l’âge d’or du vaudeville danois –, de chanter puisqu’il a un joli filet de voix, de faire de la danse. Il a raconté ses premières expériences dans L’Improvisateur : malgré quelques puissantes protections, celle de Baggesen entre autres, il ne réussit à rien. Un jour, sa voix se casse. Nul ne songe à entreprendre la publication de ses premiers essais poétiques. Ses tentatives au théâtre ne sont pas plus heureuses. On lui rend les manuscrits de ses pièces en les déclarant «parfaitement injouables», ce qui n’est pas loin de la vérité! C’est la misère presque continuelle, le désespoir parfois.

Après trois ans de revers, la fortune change enfin. En 1822, il trouve en Jonas Collin, directeur de théâtre, l’ami et le mécène qu’il cherchait. Grâce à lui, il obtient le plus urgent: une bourse pour faire des études régulières. Il entre au collège de Slagelse et se rue sur les livres, mais c’est pour devenir immédiatement le souffre-douleur du directeur, Simon Meisling. Son supplice, dont les échos hantent tant de ses contes – par exemple, Le Vilain Petit Canard –, durera longtemps. C’est en 1827 seulement que J. Collin le libérera, lui trouvera un poste de précepteur, lui fera passer son baccalauréat et le fera entrer à l’université en octobre 1828. Ces dures années n’ont pourtant pas été perdues. Il a acquis une solide culture et il a beaucoup écrit: des poèmes, des pièces de théâtre, et ce volume d’Essais de jeunesse (Ungdoms-Forsøg ) qu’il publie en 1822 sous le triple pseudonyme de William Christian Walter, soit, en plus de son propre prénom, ceux de Shakespeare et de W. Scott, ce qui donne une idée de ses goûts et de ses ambitions. De sa production poétique, il ne parvient à faire paraître, dans le Kjøbenhavnsposten de 1827, que l’Enfant mourant (Det døende Barn ), qui arrachait des larmes aux lecteurs sensibles de Xavier Marmier, le premier à faire connaître Andersen en France. Son nom ne devient familier au public danois qu’à partir de 1829 avec un curieux poème en prose, dans le goût fantastique: Voyage à pied du canal de Holmen à la pointe est d’Amager (Fodrejse fra Homens Canal til Ostpynten af Amager ), qui raconte une promenade peuplée de fantasmes à travers Copenhague. Un vaudeville de la même année, Amour à la tour de Saint-Nicolas (Kjaerlighed paa Nicolai Taarn ) et qui donne dans la parodie héroïque, n’aura guère de succès.

2. Voyages et amours

1830 marque un tournant décisif dans la vie d’Andersen. C’est le début d’innombrables voyages et de ses malheureuses amours. Il obtient une bourse et visite l’Allemagne et la Suisse comme on faisait en ce temps-là: lentement, posément, en quête d’hommes et d’histoires. Cela nous vaudra un recueil, Images d’un voyage dans le Harz et la Suisse saxonne... pendant l’été 1831 (Skyggebilleder af en Rejse til Harzen og det sachsiske Schweitz... i Sommeren 1831 ), qui révèle son talent d’observation, sa passion pour les antiquités légendaires, un sens très sûr du trait qui cerne les paysages et campe les personnages, ainsi qu’une sympathie instinctive pour le petit peuple. La manière qui lui restera propre est déjà trouvée. Le premier recueil de Poèmes (Ditge , 1830) ainsi qu’un volume de Fantaisies et Esquisses (Phantasier og Skizzer , 1831) ont été reçus assez froidement par la critique. Et quant aux amours, c’est la même douce-amère. L’élue a été Louise, fille de J. Collin. Elle a dû juger Hans Christian trop falot avec sa figure maigre et ses contradictions. Plus tard, la belle Jenny Lind, le célèbre «rossignol du Nord», ne saura pas davantage répondre à ses élans. On soupçonne bien un peu de complaisance romantique dans ce rôle de mal-aimé, mais ce serait injuste que de faire d’Andersen un lunaire: peut-être, simplement, était-il trop préoccupé de l’image qu’il donnait de sa personne pour avoir osé se livrer tel qu’en lui-même...

Après un mince recueil de vers, Vignettes adressées à des poètes danois (Vignetter til danske Digtere , 1832), paraît enfin, la même année, sa première grande œuvre poétique: Les Douze Mois de l’année (Aarests tolv Maanader ), livre qui porte terriblement sa date, mais où la mièvrerie et le conventionnel laissent percer une attention toute scandinave aux grâces de la nature.

Nouvelle bourse de voyage en 1833, cette fois pour la France et l’Italie. Ce sera le coup de foudre. Rome surtout, où il reviendra souvent et où, sans doute, il découvre, à travers la lumière dorée du Sud, les splendeurs d’une vie qu’il avait tendance à estomper dans les brumes nordiques. C’est Paris qui lui fournit l’idée de son premier grand poème dramatique Agnès et le Triton (Agnete og Havmanden ), qu’il terminera au Locle, en Suisse, et fera jouer à Copenhague sur une musique de J. P. E. Hartmann, sans grand succès il est vrai. En revanche, c’est Rome qui servira de cadre à son premier roman, son premier chef-d’œuvre aussi sans doute, L’Improvisateur (1835), dont le succès est très grand puisqu’il sera traduit presque aussitôt en allemand, en italien et en français (par Mme Lebrun en 1837). Désormais, le voilà connu. L’Improvisateur est une autobiographie à peine voilée, un livre vivant, original, sensible, qui supporte encore aujourd’hui la lecture, peut-être à cause du ton intimiste et de ce mélange caractéristique de satisfaction de soi et d’imploration humble, de ce côté «M’aimez-vous? M’aimez-vous bien?» qui, chez Andersen, rappelle toujours un peu Mozart enfant. Toutefois, ce roman porte sa date, lui aussi, et n’évite ni la sensiblerie, ni le bavardage, ni les fadeurs de la Bibliothèque rose. Ce qu’on y cherche de nos jours, ce sont les belles images de la nature méridionale et de la vie du petit peuple italien, qui l’illustrent.

3. Aux sources des «Contes»

Jusqu’ici, cependant, pas question de contes. Le plus curieux est bien de constater qu’Andersen ne semble pas y avoir songé pour asseoir cette célébrité dont il était et restera tant assoiffé. Homme de théâtre, poète et romancier, telles étaient ses ambitions avouées. Comment donc a-t-il été révélé à lui-même? Trois éléments y ont certainement contribué. Le premier nous est donné par le titre même qui l’a fait connaître du grand public: l’improvisateur. De son propre aveu, ratifié par les témoignages de ses contemporains, Andersen savait merveilleusement narrer des histoires ou lire ses manuscrits; il était passé maître dans l’art d’improviser sur un thème donné. Facilité, chaleur, mouvement, émotion, il avait tout ce qui fait l’art du conteur, art éminemment oral que stimule la présence d’un auditoire. Son affection pour le petit peuple et pour les enfants, pour leur univers pittoresque, est bien connue. Enfin, ses origines autant que les impératifs du romantisme ambiant l’orientent depuis longtemps vers les récits populaires, les légendes léguées par la tradition orale, folkeviser , vers tout ce qu’on appelle folklore. Il est probable que c’est par pure fantaisie ou par amusement qu’il se met, en 1835, à écrire en Italie ses premiers contes, ne se doutant guère que ce seraient eux qui allaient le rendre célèbre. Car son premier livre, Contes pour les enfants (Eventyr fortalte før Børn , 1835), rencontre immédiatement un succès étonnant. On connaît mal, de nos jours, encore, la littérature danoise et même l’œuvre d’Andersen dans son ensemble, mais les Contes ont fait cent fois le tour du monde, ils ont été traduits – et souvent plusieurs fois – en quatre-vingts langues, et les rééditions, traductions nouvelles, éditions illustrées, adaptations enregistrées ou cinématographiques n’ont jamais cessé. Aucun conteur antique, aucun florilège populaire, et les Mille et Une Nuits même, ne les dépassent en popularité. Ils ont le rare mérite d’être directement accessibles à tous, quelles que soient les différences de milieux, de cultures et de nationalités. Ils constituent une œuvre universelle par excellence.

Andersen publiera désormais presque un recueil par année. Le succès ne se démentira jamais. Lui-même fera la distinction entre les récits où intervient un élément surnaturel, merveilleux, païen, mythologique, légendaire ou chrétien, et qu’il appelle Eventyr (approximativement: contes de fées) et ceux qui se passent de ce ressort, les histoires (Historier ). Au total, cent soixante-huit contes dont on peut dire que nul n’est indifférent. Fait notable, aucun n’est sinistre, terrible ou d’un fantastique effrayant. Du reste, le fantastique, quand il intervient, est apprivoisé, il suscite l’étonnement, l’admiration, la curiosité, le sourire, mais jamais l’effroi. Aucun conte n’est macabre, «noir» ou teinté d’érotisme: nulle pâture pour la psychopathologie.

Les sources des Contes sont peu nombreuses, aisément circonscrites, la première étant à chercher dans l’imagination fantaisiste et colorée de l’auteur. Une grande partie s’inspire d’éléments autobiographiques – en un sens, l’œuvre tout entière d’Andersen n’est qu’une autobiographie ininterrompue – transposés selon un symbolisme transparent. Le Vilain Petit Canard , La Petite Sirène , l’admirable Sapin nous livrent autant de portraits de Hans Christian inadapté, méconnu, aspirant à un univers où il évoluerait librement parmi ses pairs. Les légendes populaires, celles surtout qu’il tient de son enfance à Odense, reparaissent dans ses Contes , tels Le Briquet , Le Grand et le Petit Claus . D’autres s’inspirent d’un folklore récemment exhumé par ses contemporains, Grundtvig surtout, c’est le cas, entre autres, du Petit Elfe Ferme-l’Œil ou de La Butte aux elfes . D’autres, enfin, ont des sources purement littéraires: Les Habits neufs de l’Empereur , par exemple, brode sur un motif espagnol. Beaucoup ne doivent leur existence qu’au talent d’observation d’Andersen: ce sont ceux qui font revivre le menu peuple danois, le plus connu étant sans doute La Petite Fille aux allumettes . En tout état de cause, les problèmes traités sont universels, l’esprit qui anime ces récits est bien danois, le style n’appartient qu’à Andersen, et si l’on peut parler de rencontre entre cette œuvre et les tendances littéraires du moment, il serait vain d’y vouloir trouver à tout prix une influence directe ou Dieu sait quelle obédience à une école.

4. L’univers des «Contes»

Les thèmes les plus fréquents des Contes d’Andersen sont si profondément humains qu’ils nous concernent tous. Ils disent le malheur d’être un inadapté, comme nous le sommes indistinctement, selon la conception romantique du destin que nous portons au fond de notre cœur; ils déplorent l’incapacité de jouir pleinement du moment de bonheur qui nous est offert et peut-être ne reviendra plus; ils maudissent en secret cette prédestination au malheur, à la mort, qui est en nous. Ils savent opposer tragiquement nos rêves inassouvis à la cruelle réalité. La Petite Fille aux allumettes , c’est chacun de nous, qui brûlons notre vie à la flamme de nos rêves d’enfance, pour oublier la réalité qui nous tuera. En dernière analyse, le génie d’Andersen est pessimiste, et certains contes atteignent à un désespoir profond, comme L’Ombre au titre éloquent. Il faut le souligner, pour manifester sans équivoque que la naïveté, au sens péjoratif du terme, et la fadeur ne sont pas les traits caractéristiques des Contes d’Andersen.

Le trait caractéristique, il faut le chercher dans la bonté, mais une bonté qui n’a rien d’aveugle. Simplement, elle se refuse à croire à la perversité foncière de l’homme ou à l’irrémédiable déchéance de sa condition. La Reine des neiges dit avec une particulière éloquence cette croyance dans la victoire finale de la bonté, de la beauté, de l’harmonie. C’est en ce sens que l’on peut parler de la naïveté d’Andersen: dans la mesure où il a su conserver la fraîcheur de son regard d’enfant, prompt à imaginer, à s’émerveiller, à transfigurer les apparences, toujours rempli d’étonnement admiratif devant les splendeurs que lui offre la vie, à lui qui sait la regarder sans œillères. Ce qui rend Andersen immédiatement sympathique, c’est cet amour de la créature humaine, cette émotion devant la nature vivante, devant tout ce qui existe en vérité. Voilà pourquoi la frontière entre animé et inanimé est toujours vague chez lui. Les choses et les animaux sont personnifiés avec une spontanéité, un naturel surprenants. Toute la création parle sans effort le danois d’Andersen. Esprit et nature ici constituent un tout. Cet équilibre est sûrement le plus grand mérite des Contes , d’autant qu’il ne se trouve pas toujours dans le reste de l’œuvre. C’est aussi la raison pour laquelle les Contes ne donnent jamais dans le genre militant – ils n’ont rien à défendre que l’amour et le respect de la vie, de toute vie – non plus que dans le ton moralisateur: les bons sont souvent récompensés, mais c’est en vertu d’une morale naturelle, non d’un système philosophique ou religieux. Les méchants sont parfois punis, mais, le plus souvent, ils sont oubliés. L’éclairage s’est déplacé, les replongeant dans l’ombre, tout simplement. On ne châtie guère, dans les Contes ; la mort est bien assez cruelle comme cela. Le danger de cette vision du monde, on le sent, serait la mièvrerie, si Andersen ne savait, en temps voulu, manier la satire, et surtout s’il ne disposait d’un humour merveilleusement tendre qui transfigure à point nommé la bassesse, tout comme il sait rappeler à terre l’ange de la rêverie. Le Porcher et la Princesse , Le Rossignol disent assez rudement le sort qui attend quiconque veut se faire passer pour ce qu’il n’est pas. Et, au fond, toute la vertu d’Andersen tient là, dans l’art d’accepter la nature. Il y faut une grande humilité de cœur et, paradoxalement, une grande fierté d’être ce que l’on est: tout l’homme Andersen est là.

Le style sert admirablement ce dessein. Il a, lui aussi, la sagesse et la mesure. On néglige trop souvent de dire ce qu’il avait de résolument novateur à l’époque, en face des élégances raffinées de J. L. Heiberg, arbitre du goût, ou des outrances des romantiques. Il substitue au langage affecté à la mode les constructions idiomatiques empruntées au petit peuple et renonce aux hyperboles pour le trait narratif dépouillé qui frappe par sa force et sa précision. La traduction déflore, hélas! l’humour qu’il sait tirer du choc des mots ou des emprunts au parler quotidien, mais elle peut conserver ce qui, en définitive, demeure le plus grand charme de ce conteur: la gentillesse et la bonne humeur.

5. Une longue autobiographie

Son avenir assuré, Andersen se livre à la plus grande de ses passions: le voyage. Il va sillonner l’Europe, revenant, comme à un port d’attache, à cette Italie qui l’a révélé à lui-même. On l’y reverra quatre fois, dont trois à Rome. Il fréquente les grands hommes du moment. Dickens surtout, son frère d’âme auquel il ressemble par l’art d’extraire le merveilleux du quotidien banal, et qui lui fera l’honneur de l’héberger cinq semaines en sa maison. Tous ceux qui ont parlé d’Andersen à cette époque-là présentent un portrait semblable: un homme timide et doux, extrêmement sensible aux flatteries comme aux critiques, à la fois vaniteux et humble, vaniteux parce que visiblement fier de sa réussite – n’a-t-il pas dit: «Ma vie est un beau conte»? –, humble parce que tourmenté et peu sûr de lui, d’esprit très vif mais ne donnant toute sa mesure qu’en présence d’un auditoire; un cœur assez féminin, en somme, et toujours tellement ardent à s’expliquer, à se justifier, à se raconter.

Car son œuvre romanesque n’est, nous l’avons dit, qu’une longue autobiographie, et c’est là son principal intérêt. O.T. (1836), Rien qu’un violoneux (Kun en Spillemand , 1837), Le Livre d’images sans images (1840), Les Deux Baronnes (De to Baronesser , 1848), Peer le Chanceux (Lykke Peer , 1870), s’ils n’ajoutent rien à sa gloire, nous permettent de le connaître avec un grand luxe de détails. Il a même fait un essai naïf pour se présenter comme un poète philosophico-moral dans Être ou ne pas être (At vaere eller ikke at vaere , 1852), qui est un sacrifice à la mode du temps. Écrivain inlassable, il a consigné ses impressions de voyages dans des journaux et dans des récits de valeur inégale: Le Bazar d’un poète (En Digters Bazar , 1842), En Suède (I Sverrig , 1851), En Espagne (I Spanien , 1853), Une visite au Portugal (Et Besøg i Portugal , 1866). De même la veine – et la tentation – dramatique n’a jamais tari. Il a écrit de nombreux vaudevilles et des comédies dont aucune n’est passé à la postérité. On cite une comédie: La Nouvelle Chambre de l’accouchée (Den nye Barselstue , 1850); des comédies féeriques: Bouquet de la chance (Lykkens Blomst ), Plus que des perles et de l’or (Mer end Perler og Guld ), Ole, le marchand de sable (Ole, Lukkøje ), Hyldemor , dont il a dit luimême qu’elles étaient destinées «aux enfants et aux âmes enfantines»; deux grandes pièces: Le Mulâtre (Mulatten ) et La Petite Mauresque (Maurerpigen , 1840), qui n’eurent aucun succès et que la critique éreinta; un livret d’opéra, enfin, La Petite Kirsten (Liden Kirsten ), dont la musique est de J. P. E. Hartmann.

En dehors des Contes et de L’Improvisateur , sa meilleure œuvre reste son autobiographie, non déguisée cette fois, Le Livre de ma vie (Levnedsbogen ), paru sous ce titre en 1832-1833 et refondu en 1926 sous le titre: Le Conte de ma vie (Mit Livs Eventyr ). Elle n’ajoute rien à sa gloire, déjà si grande de son vivant qu’il collectionnait les décorations venues des quatre coins du monde, et qu’il eut la satisfaction de se voir fait citoyen d’honneur d’Odense, sa ville natale, et même de contempler sa statue érigée à Copenhague. Mais Le Conte de ma vie permet de mieux percer le mystère de cet homme au cœur d’enfant, au regard d’enfant, qui semble avoir mis dans ses œuvres l’amour qu’il n’a pas connu dans sa vie. L’énorme correspondance nous éclaire encore davantage sur ce point.

Il mourut à Copenhague le 4 août 1875.

Источник: ANDERSEN (H. C.)

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